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DIY. Kintsugi : Réparer avec l'or

Le Kintusgi est considéré comme un art au Japon. Il s'agit d'une méthode de restauration des céramiques cassées ou ébréchées à l'aide de laque et de poudre d'or. Cette technique remonterait au XVe siècle. Plutôt que de masquer l'accident, celui-ci est assumé et valorisé.

Nous avons utilisé cette technique afin de réparer des assiettes cassées provenant de notre dernière collection. En voici les étapes :

Etape 1 : S'assurer d'avoir tous les morceaux afin de reconstituer l'objet

Etape 1 : S'assurer d'avoir tous les morceaux afin de reconstituer l'objet

Etape 2 : Recoller les morceaux avec une colle extra forte pour céramique

Etape 2 : Recoller les morceaux avec une colle extra forte pour céramique

Etape 3 : Combler les fissures et les manques à l'aide d'une pâte collante pour réparations

Etape 3 : Combler les fissures et les manques à l'aide d'une pâte collante pour réparations

Etape 4 : Une fois la pâte sèche, poncer à l'aide d'un papier de verre très fin afin d'obtenir une surface lisse

Etape 4 : Une fois la pâte sèche, poncer à l'aide d'un papier de verre très fin afin d'obtenir une surface lisse

Etape 5 : A l'aide d'un pinceau fin, appliquer sur la réparation de la dorure liquide puis du vernis alimentaire incolore

Etape 5 : A l'aide d'un pinceau fin, appliquer sur la réparation de la dorure liquide puis du vernis alimentaire incolore

Datcha kintsugi 6
 
Au Sud du Maroc : L'envoutante poterie verte de Tamegroute

C’est dans la vallée du Drâa, au Maroc, à une vingtaine de kilomètres de Zagora que se situe la petite ville de Tamegroute. Elle est, à l’origine, réputée pour sa bibliothèque qui abrite des ouvrages datant, pour les plus anciens, du XIe siècle, calligraphiés au brou de noix, au safran, au henné ou à l’or sur des parchemins en peau de gazelle. 

Tamegroute-1

Cette ville abrite également des ateliers de potiers dont les objets aux incroyables nuances de vert font l’admiration des passionnés d’artisanat et de décoration. Ces ateliers sont parmi les plus anciens du Maroc (ils existent depuis le XVIe siècle). La poterie de Tamegroute est spécifique à cette seule ville et est reconnaissable entre mille. C’est une production artisanale locale dont les techniques ancestrales n’ont jusqu’à aujourd’hui pas changé. Ces familles d’artisans, en se transmettant ces traditions et ce patrimoine, gardent précieusement ce savoir-faire, ces recettes et ingrédients secrets.

photo : Magnus Manske

photo : Magnus Manske

L’argile utilisée par les potiers provient des alentours. Extraite de galeries souterraines, elle est foulée au pied afin d’être travaillée. Une fois tournée, en bols, saladiers, pots, cruches, assiettes, tuiles décoratives, elle est mise à sécher au soleil.

photo : Nomadensolo

photo : Nomadensolo

C’est un alliage de manganèse (contenu dans le khôl), d’oxyde de cuivre et de farine d’orge qui donne à l’émail des poteries de Tamegroute cette palette si riche allant du vert sapin au vert olive. Sans l’ajout du cuivre, les artisans obtiennent un émail brun/ocre.

photo : Linda de Volder

photo : Linda de Volder

Une fois les objets recouverts de cette pâte, ils sont mis à cuire à l’étouffé dans des fours de pierre. Le mélange d’herbes sèches, de bois et de feuilles de palmes dégage une épaisse fumée noire.

photo : Madeleine & Pascal

photo : Madeleine & Pascal

photo : Edith-Kohlbach-Reisebücher

photo : Edith-Kohlbach-Reisebücher

Le résultat est une poterie épaisse, rustique, authentique, aux teintes de vert riches et profondes et à la surface accidentée, avec des coulures, des gouttes, des ondulations. Ce sont toutes ces imperfections que nous apprécions dans cette vaisselle du Sud marocain.

photo : Datcha, Paris

photo : Datcha, Paris